Personnalité de Saint Alban de Montbel - Marcel Teppaz (1908 - 1964)

Tourisme économie : 

Faciliter la propagation de la nouvelle vague, des yéyés, et du rock&roll en France.
Dans les années 60/70, il n'y avait pas une "surprise partie" sans un Teppaz...

Marcel Teppaz est directement associé au patrimoine de Saint-Alban de Montbel.
Il y avait une maison et appréciait l'Avant-Pays Savoyard et le lac d'Aiguebelette.

Chaque siècle voit naitre ses "passeurs"… en particulier dans le domaine du loisir.
Le nom de Teppaz est à rapprocher d'autres noms - entre autres comme Trigano ou Lafuma. Des industriels qui ont fait leur réussite en accompagnant leur époque et facilité les tendances du moment…
Edgard Trigano et les frères Lafuma ont produit leurs tentes et sacs à dos pour les "congés payés" en 1936.
Marcel Teppaz lui, a facilité la propagation de la nouvelle vague, des yéyés, et du rock&roll en France.
Dans les années 60/70, il n'y avait pas une "surprise partie" ou une "surboum" comme on disait à l'époque sans un Teppaz...
Il n'est pas possible de ne pas relier ce lyonnais avec d'autres industriels qui ont fait la réputation de la région en termes de technologie et d'emplois. Comme par exemple Marius Berliet, Auguste et Louis Lumière ou Léo Trouilhet (Calor). Ce dernier ayant un jour eu l'idée géniale de placer une résistance électrique dans un fer à repasser…

Marcel Teppaz

Né en 1908 et décédé en 1964, Marcel Teppaz est un technicien-mécanicien lyonnais, qui a donné son nom au célèbre électrophone portatif Teppaz. À l'époque on appelait cela un "électrophone", "tourne-disque" ou bien "pick-up" pour faire chic…
Son père, artisan-gareur, entretenait les mécanismes de machines de tissage de tulle - pas un mariage sans du tulle…
Marcel Teppaz crée en 1931 une entreprise d'assemblage de matériels radio et amplificateurs rue Jarente à Lyon avec trois « compagnons ». En 1937, il lance une nouvelle affaire d'amplificateurs et 30 personnes s'installent dans des locaux plus vastes rue Général-Pleissier dans le 2ème arrondissement à proximité de la rue Jarente.
Pendant la guerre, en 1941, il a l'idée de remplacer l'entrainement mécanique par manivelle des phonographes par un petit moteur électrique.
Ce sera l'aventure fantastique du tourne-disque et de l'électrophone portable en 1952.
En 1956 les chaînes de montage sont à Lyon, boulevard de la Croix-Rousse. La société a déjà vendu 600 000 appareils dont les 1500 pièces sont assemblées par environ 600 employés, pour la plupart des femmes qui travaillent à la chaine. En 1958, il acquiert un site de production à Craponne, dans la banlieue lyonnaise.


Son "modèle phare" « Oscar » a été vendu à des millions d'exemplaires, véritable succès jusqu'en 1970. 111 pays furent en effet conquis par le « Teppaz portable », ce qui valut à son auteur l'Oscar de la meilleure entreprise française à l'exportation en 1962.

Après son décès en 1964, l'activité de la société est poursuivie par sa femme et son gendre jusqu'en 1971.

En 1956, Marcel Teppaz racheta la propriété du chanteur d'opéra François Delmas à Saint-Alban de Montbel sur les bords du lac d'Aiguebelette.

Industriel de génie, toujours à la recherche de nouvelles inventions, travailleur infatigable, on dira pourtant, de son caractère, qu'il était étanche, très froid, peu bavard (surnom : le Sphinx), austère, méfiant et qu'il riait peu. Dans l’entreprise, on le craignait et on le respectait.
Anecdote, autant Marcel Teppaz appréciait que ses appareils soient reconnus d'excellente qualité et vendus en grande quantité - ce qu'ils furent. En revanche, il ne prisait pas trop l'usage que l'on faisait de ses produits. Il aurait préféré que ses électrophones servent à la propagation de "la grande musique" plutôt que la "nouvelle vague" des années 60.

Il a eu trois enfants : Pierre Teppaz (décédé), Michèle Teppaz-Descollonges et Jean Teppaz.

Marcel Teppaz est décédé le 15 Août 1964 à Saint-Alban de Montbel, d’une crise cardiaque. Il avait 57 ans.

Le génie de Marcel Teppaz

Une fois fermé, le tourne-disque / électrophone Teppaz ressemble à une toute petite valise de forme trapézoïdale, avec les angles très arrondis et un couvercle bombé. Lorsqu'on l'ouvre, on découvre que le ou les haut-parleurs sont logés dans le couvercle et que tous les circuits d'amplification à lampes sont abrités, avec l'alimentation et les mécanismes sous le lecteur de disques.

Le Teppaz dans une main et les disques 45 tours dans un sac de toile dans l'autre main, il se déplace facilement d'une soirée à une autre. À l'époque un disque s'appelait un "microsillon".
Le Teppaz est ainsi le symbole des surprise-parties et, dans les années 1960/70, de la musique yéyé, nouvelle vague et du rock&roll.

En 1970 le chiffre de un million d'appareils fabriqués a été atteint.

Le modèle phare de Teppaz : "l'Oscar"

La gamme Oscar a été complété - par la suite - par des modèles plus perfectionnés et en particulier le remplacement  des lampes par des transistors. L'électrophone est alors encore plus léger.

Teppaz modèle Octave stéreo

Comportant deux couvercles à double haut-parleurs 6 watts et 1 tweeter.

Le modèle Transit

Proche de l'Octave et le premier à avoir été doté de transistors et surtout alimenté par des piles.
De cette façon, la surprise-partie peut avoir lieu n'importe où, sur une plage, au camping… et non plus dans un endroit qui nécessite une alimentation électrique; une révolution…

Le Teppaz Tourist radio

Comportant un poste de radio encastré dans la façade avant et une antenne. La poignée type valise est remplacée par une bandoulière.
Modèle à transistors fabriqué de 1967 à 1970. Alimentation par secteur et par piles.
Idéal pour les pique-niques…

Les publicités Teppaz

Grande modernité aussi dans la publicité (les "réclames" à l'époque).
Les publicités Teppaz les plus marquantes ont été réalisées par Alain Gauthier.

Des "quatrièmes de couverture"...

Magazine "Paris Match", et publicités replacées dans l'époque... Voir ci-dessous...

La première "réclame" = Paris Match du 16 août 1969

N° 1058 : Numéro historique de Paris Match concernant la marche sur la Lune de l'équipage d'Apollo XI, en juillet 1969.

La deuxième "réclame" = Paris Match daté du 15 août 1964 - jour du décès de Marcel Teppaz...

N° 801 : La Grande Guerre : 50 ans après - Numéro tricolore 14/18 - Les tranchées

La troisième "réclame" = Paris Match du 18 mai 1968

N° 997 : La révolte des étudiants

 

La grande mode des années 70…

Bernard-Paul Eminet 2014 - 2017

Sources

Grands remerciements à Jean, fils de Marcel Teppaz qui m'a aidé à la rédaction de cet article.
Merci aussi à Michel Loude, auteur du livre " Quand Teppaz faisait tourner le monde"

Sources
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marcel_Teppaz
http://fr.wikipedia.org/wiki/Teppaz

Un livre

"Quand Teppaz faisait tourner le monde"
Michel Loude 2006 - Jacques André éditions Lyon - www.jacques-andre-editeur.eu

2008 une exposition consacrée à Marcel Teppaz à la bibliothèque municipale de Lyon et une conférence (1h20) de Michel Loude à l'occasion du 100ème anniversaire de la naissance de Marcel Teppaz.
http://video.bm-lyon.fr/mp3/18_06_08_loude.mp3     (1h20)

Bernard-Paul Eminet - Mairie de Saint Alban de Montbel (mai 2014 - avril 2017)