1691 - Justice expéditive

Tourisme économie : 

1691- Justice expéditive

Plaintif ou dépôt de plainte

Le plus ancien document est une plainte déposée (plaintif) par une habitante de St-Alban après le meurtre de son époux. Le voici retranscrit dans son orthographe d’origine. Il présente autant d’intérêt pour la syntaxe de l’époque que pour le fait divers relaté.
«Plaintif
Pour Claude fils de feu Claude Girard Fanit du lieu de St-Alban demandeur en cas dexces et assacin.
Contre
Me Benoit Charles notaire Royal La Marguerite Charle sa fillie et lanthoine fillie de Claude Ganivet sa servente accuses dautre habitant a Chambery

Du septieme janvier mille six cents nonante un
A comparu par devant je soussigné notaire Royal et chastellain du comte de montbel La Clauda dominique femme de Claude girard fanit laquelle aurait formé plainte au nom de son dit mary sur ce que ce jourdhuy sur environ les sept heures du matin La marguerite charles et lanthoine ganivet sa servante auraient appellé le dit fanit et luy auroient dit ouvere nous vostre porte Claude nous vous voullons parle et dans linstant le dit fanit qui estoit encor dans son lieu avec la comparente leur aurait repondu un peu de pacience que je soit abillié et je vous ouvrirey et luy ayant ouvert sa porte la ditte Charle et sa servante seraient entré dans la maison du dit fanit avec Me benoit Charles son père qui avait un fusil en ses mains le quel Charles estoit accompagnie de deux soldat et etstant yceluy Me Charles dans la maison du dit fanit il lui auroit dit mardieu bougre tu es icy par la sandieu tu me la payera tout alheure mardieu bougre tu aura afaire a moy et dans le quel instant il auroit tieré son coup de fusil a la teste du dit fanit duquel il seroit tumbe a terre evanouy et du depuis il naurait peu parle ny cougneu personne pas mesme ce peut confesse et appres que le dit Me Charles eut tiere le coup de fusil il se retira avec sa ditte fillie servante et les deux soldat et comme tel crime et assacin merite punicion corporelle et pour empecher que tel crime ne reste a punis la comparante au nom de sondit mary requir ladiunction du sieur procureur doffice du comte de montbel faison a ses fins au nom de son dit mary partie formelle. »
Signé illisible « Chastellain »

 

 


Article publié en 2010 sur le bulletin municipal de Saint Alban de Montbel
Source : Gisèle NOEL-LARDIN - Françoise et Michel MERMET - Roger GRIMONET